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Un carrefour de centres de santé communautaire gérés par la communauté, pour la communauté

Le groupe de soutien à l’allaitement maternel de KCHC, mis sur pied et géré par de nouvelles mamans, se réunit pour sa célébration estivale dans un parc de Kingston.

Jason Rehel, réviseur, journaliste et rédacteur : narration de l’ACSO

Dans le discours du Trône du 12 septembre, la première ministre Wynne a réitéré l’engagement de son gouvernement envers les carrefours communautaires, affirmant qu’ils « facilit[e]nt l’accès aux programmes sociaux, éducatifs, culturels, récréatifs et de santé ainsi qu’aux services qui enrichissent la vie communautaire. » Or, créer un carrefour, et faire en sorte qu’il serve la communauté de la manière la plus efficace possible, n’est pas une mince tâche. Comment les collectivités ontariennes peuvent-elles être plus nombreuses à y arriver?

Kingston Community Health Centres (KCHC) est un meneur qui montre la voie. Son établissement situé au 263, avenue Weller, baptisé le « Carrefour », qui a ouvert ses portes en 2014, est aujourd’hui une ruche bourdonnante de soins interprofessionnels, de services sociaux et de programmes axés sur la collectivité. Une centaine de réfugiés syriens bénéficient désormais de services de logement, d’immigration, d’éducation et de soutien parental logés sous le même toit que les soins de santé primaires. Parmi les nouveaux programmes centrés sur les usagers, citons un groupe de soutien à l’allaitement maternel. Pour les personnes qui font face à de multiples contraintes, le Carrefour offre un soutien intégré et transparent.

HISTORIQUE DU CARREFOUR

La vision du Carrefour est née en 2012 quand il est devenu manifeste que KCHC, et ses sept points d’accès, devaient améliorer la prestation de ses nombreux services : les soins dentaires, les programmes qui aident les familles à faible revenu à élever des enfants en bonne santé, l’aide aux jeunes issus de communautés défavorisées à obtenir leur diplôme d’études secondaires, les programmes d’installation des nouveaux immigrants et des réfugiés, ainsi qu’une foule de programmes régionaux qui facilitent l’accès aux services pour toutes les personnes qui se heurtent à des obstacles à l’atteinte d’une bonne santé.  

« Nous sommes l’organisme vers lequel la communauté se tourne chaque fois qu’il se présente des problèmes ou des défis sociaux », affirme Hersh Sehdev, directeur général des centres de santé communautaire de Kingston. « Mais quand nos programmes étaient dispersés dans plusieurs sites, nous étions inquiets de ne pas pouvoir répondre adéquatement aux besoins des personnes déjà confrontées à des obstacles. Nous avons donc décidé d’aménager un endroit où les gens pourraient se sentir chez eux. » Le plan visait à regrouper tous les programmes sous un même toit, et à élaborer des stratégies pour fournir un accès intégré à guichet unique aux familles ayant des ressources limitées.

LE RÔLE DU CONSEIL COMMUNAUTAIRE

C’est le conseil d’administration de KCHC, composé de membres de la communauté engagés de longue date dans le militantisme à la base, dans les enjeux d’éducation, de santé et d’immigration, qui en a supervisé la création.

« Un conseil communautaire fait en sorte que le bilan financier serve la communauté, plutôt que l’inverse », croit Jim Brown, membre du conseil d’administration depuis 2011. « C’est l’état d’esprit, l’état de cœur de toutes les personnes assises autour de la table. Il ne s’agit pas de faire concurrence à d’autres organisations, ou de laisser quoi que ce soit entraver une réflexion claire au sujet de notre communauté. »

De cette réflexion claire du conseil d’administration est issu le maintien des centres du centre-ville et en milieu rural de KCHC, du Centre de santé Street (SHC) et du CSC de la région de Napanee (NACHC), dans les endroits les mieux adaptés à ces communautés. Les centres SHC et NACHC ont maintenant de nouveaux locaux eux aussi. Mais c’est dans le nord de la ville que KCHC a décidé de construire le Carrefour. Quand le moment est venu d’impliquer le gouvernement municipal, le CA du centre a pris l’initiative, précise Hersh Sehdev. Les liens étroits et les relations des membres du conseil d’administration avec la communauté leur ont permis de démontrer la valeur que le Carrefour recélerait pour Kingston dans son ensemble. Maintenant que le Carrefour fonctionne, le conseil d’administration de KCHC veille à ce que les services et programmes offerts ciblent les facteurs les plus importants qui influencent la santé dans la communauté. Cette approche est étayée par les recherches qui soutiennent la gouvernance communautaire comme un facteur clé menant à une offre plus large de services mieux adaptés en fonction des besoins précis d’une communauté donnée.

À QUOI RESSEMBLE UN ENDROIT OÙ LES GENS SE SENTENT CHEZ EUX ?

Hersh Sehdev se souvient d’une jeune femme qui sortait des services aux immigrants, peu après l’ouverture du Carrefour. Elle a posé des questions sur des photos qu’elle a aperçues sur un mur, et il s’est avéré qu’il s’agissait du programme Partir d’un bon pas pour un avenir meilleur, qui s’adresse aux parents désireux d'en apprendre davantage sur les programmes destinés aux enfants et sur leur éducation. « Tout l’objectif de la création du Carrefour – sa conception, sa construction, avec la communauté et les personnes en son cœur, consiste à promouvoir l’accès sans entrave aux programmes et à donner à la population la maîtrise et le choix de ses propres soins », poursuit Hersh Sehdev.

Même la conception physique du Carrefour des KCHC reflète l’approche centrée sur la communauté : son aire d’accueil centrale donne sur des aires distinctes réservées aux soins primaires, aux nouveaux arrivants et à divers autres services sociaux. Un café communautaire, véritable carrefour à l’intérieur du Carrefour, permet aux usagers de se familiariser avec la cuisine et la culture, et les nouveaux arrivants au pays y jouent maintenant un rôle de premier plan.

« Dorénavant, la communauté immigrante gère ce programme. C’est devenu un lieu où les gens peuvent pratiquer leur anglais et échanger des idées au sujet de la cuisine », d’ajouter Hersh Sehdev.

UN RÉSEAU DE CARREFOURS EN ONTARIO

KCHC est l’un des 108 organismes de soins primaires communautairesde la province, dont beaucoup servent de carrefours communautaires, qui placent les personnes et les communautés au centre de la gouvernance, tout comme de l’élaboration des services et des programmes.

« Parce qu’ils sont enracinés dans la communauté et dirigés par des membres de la communauté, les organismes communautaires de soins primaires de l’Ontario finissent souvent, au fil du temps, par créer et gérer des carrefours », explique Leah Stephenson, directrice des projets spéciaux de l’Association des centres de santé de l’Ontario. « Les carrefours régis par la communauté comme ceux administrés par KCHC améliorent la vitalité communautaire et le sentiment d’appartenance des gens, parce qu’ils sont axés sur la communauté, et qu’ils entreprennent de tisser des liens entre le bien-être de chaque personne et le bien-être plus général de la communauté dans son ensemble. Ces retombées remarquables ne sont qu’un aperçu de ce qu’il est possible de réaliser aux quatre coins de la province lorsque les prestataires de soins de santé régis par la communauté décident d’accorder la priorité aux personnes et aux communautés. »

Du 26 septembre au 1er octobre, 108 centres membres de l’ACSO dans la province célébreront la semaine santé communautaire et bien-être. Cette année, des événements spéciaux démontreront comment les prestataires de soins accordent la priorité aux personnes et aux communautés dans la prestation des services et des programmes. Dans le cadre des préparatifs de la semaine, les centres de l’ACSO partagent les principes et les pratiques qu’ils appliquent tous les jours pour ce faire.

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